Arguments et conseils d’écriture inclusive

Le langage évolue avec la société. Mais l’inverse est-il vrai ? Dans une étude réalisée par le linguiste Sylvain-Lionel Houville, celui-ci considère que la langue n’a, en soi, pas d’existence propre, mais qu’elle vit parce que la société qui la parle vit. On peut toutefois se demander si la langue détient un pouvoir de transformation de pensée sur ses locuteurs et locutrices, et serait capable d’exercer une influence sur les changements sociétaux.

Si tel est le cas, il nous vient tout naturellement la question de l’écriture inclusive et de l’importance que pourrait avoir celle-ci dans l’évolution des sociétés francophones, et notamment de la société française.

Les origines de l’écriture inclusive

La langue française, sujet de recherche et outil de travail

Je, tu, il, nous, vous, ielles ? La langue française tire sa grammaire et sa structure d’une histoire singulière.

Dans un TedTalk aussi instructif que divertissant, les linguistes belges Arnaud Hoedt Jérôme Piron nous expliquent comment la langue française s’est développée autour d’un système de classe en établissant ses règles d’orthographe sur des percepts d’étymologie et de fidélité aux grandes pensées de la Grèce ancienne.

La difficulté toujours plus grande de notre langue est qu’elle ne se prononce pas du tout de la manière dont elle s’écrit… À moins que ça ne soit l’inverse ! J’ai moi-même enseigné le français à de jeunes espagnol·e·s dont la langue maternelle se retranscrit en toute simplicité. Les yeux ronds, le regard perdu, les pauvres élèves me demandaient souvent : « Pero profe, porque se escribe así ? ». Eh oui, monsieur le professeur… Pourquoi ça s’écrit comme ça ?

Je suis linguiste dans le sens anglophone du terme. Je ne suis donc pas un scientifique de l’évolution de la langue comme Arnaud et Jérôme, mais un façonneur de discours écrit entre écriture créative, rédaction marketing et traduction spécialisée. La langue est pour moi un outil.

Sans pour autant prétendre être un expert en linguistique, je dois me tenir informé des dernières découvertes des linguistes (sens francophone du terme, s’il vous plaît) pour affûter ma plume et rester dans l’air du temps.

L’harmonisation de l’orthographe français

Comme le soulignent très bien Arnaud et Jérôme, le français n’avait, avant le XVIIe pas d’orthographe uniforme et chacun·e pouvait écrire comme bon lui semblait. Je ne jetterai pas totalement la pierre à l’uniformisation de la langue, qui facilite notamment la lecture.

Comme le démontre une étude de l’université de Cambridge, notre cerveau ne lit pas toutes les lettres une par une pour conclure qu’il s’agit d’un mot déjà connu dans notre belle base de données qu’est la mémoire. À la place, il affecte un concept directement à un ensemble de lettres qu’il prend comme un tout : le cerveau lit les mots, pas les lettres. C’est pourquoi nous butons sur les mots que nous ne connaissons pas : notre cerveau doit l’assimiler pour faciliter la lecture.

Ainsi, uniformiser l’orthographe a permis d’éviter la création de variantes de mots et a grandement participé à faciliter la lecture.

Conseils d’écriture inclusive

Pas qu’une question de genre

Parce que l’orthographe a subi de nombreuses modifications et uniformisations dictées par une élite, les partisant·e·s de l’écriture inclusive cherchent à renverser la tendance en se réappropriant notre belle langue. Retravailler l’orthographe, c’est changer activement les modes de pensée installés dans notre esprit commun.

Et si vous pensez que l’écriture inclusive a pour unique objectif de défendre l’égalité homme-femme, vous n’y êtes pas tout à fait. En effet, écrire inclusivement, c’est adresser son message de façon à inclure un lectorat le plus large possible. Il s’agit de rédiger de manière à ce que n’importe quelle personne se sente concernée, impliquée.

L’écriture inclusive, c’est donc aussi éviter les tournures ou le vocabulaire trahissant de l’âgisme, du validisme, du racisme ou tout autre type de discrimination. Pour rappel, voici un petit guide contre les discriminations qui vous aidera, peut-être à vous rendre compte que toutes et tous sans exception intégrons dans notre discours des idées reçues qui peuvent blesser.

Écriture inclusive : règle… Ou plutôt : technique

Pour celles et ceux, et tout le monde entre les deux, qui soufflerait déjà d’exaspération, je tiens à vous rassurer : ajuster votre écriture à un mode plus inclusif, ce n’est pas forcément changer drastiquement votre orthographe ni adopter des signes de ponctuation qui ne font pas l’unanimité.

1. La reformulation

Loin d’être la plus facile à appliquer, cette technique est pourtant la plus simple ! Il faut simplement se creuser un peu plus la tête qu’à l’ordinaire. Ici, l’objectif est de changer son vocabulaire ou la structure de sa phrase pour en dégager un sens plus inclusif. Un exemple ?

Neutralisation en changeant la structure de la phrase :

Une machine à écrire où il est écrit
Affiche de Marianne, série Netflix
Image de WhatsApp

Écrit par Gildas Mergny

Traducteur, rédacteur et auteur de fiction en littérature de l’imaginaire

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